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Qui a le blues du retour au travail?

Dernière mise à jour : 6 juil. 2022


Le retour au travail est toujours difficile, ne serait-ce qu’après le congé des fêtes de fin d'année, en temps normal. C’est d’autant plus vrai de nos jours, alors que la pandémie semble ne pas vouloir s'essouffler. Chacun est épuisé psychologiquement pour une raison ou une autre (la surcharge de travail, la distanciation sociale, les voyages reportés, l'hyper vigilance due aux mesures sanitaires, la crainte d'être infecté, etc.). Lorsqu’on y ajoute la baisse de la luminosité hivernale et la perception de tourner en rond à la maison, le blues du retour au travail est profond pour de nombreux travailleurs.


Le début d'année est aussi une période de réflexion et d'introspection. Cette nostalgie de fin de cycle/début de cycle s’ajoute à la fatigue de la poussée puis de la chute d’adrénaline dues à la planification des festivités de fin d'année.

Tout cela gruge énormément d’énergie et il est naturel de se sentir un peu désanimé car c’est un mélange assez corrosif pour une déprime de retour au travail.


Comment déterminer si ce que vous ressentez est le blues du retour au bureau?


Vous :

  • avez un sentiment de fatigue générale;

  • ressentez un sentiment de tristesse ou d’abattement, de l’irritabilité de l’impatience;

  • avez une perte d’intérêt pour des choses que vous appréciez auparavant;

  • des problèmes de sommeil, trop ou trop peu (ou se réveil très fatiguée);

  • des difficultés de concentration ou à prendre des décisions, même les plus simples, etc.


Si vous vous reconnaissez dans plus d'un de ces critères, vous vivez peut-être cette légère déprime communément appelée « avoir les bleus », soit un état dépressif léger et passager.


Une étude de 2018* avançait que près de 17% des entrepreneurs interrogés révélaient avoir des symptômes de dépression modérés à sévères (je constate moi-même une forme de lassitude chez les dirigeants que j’accompagne), contre un peu plus de 12 % de la population québécoise qui dit souffrir d’au moins un épisode dépressif au cours de sa vie. Je serais curieuse de voir ces chiffres révisés en 2022!


C’est inquiétant pour nos dirigeants d’entreprises, mais c’est d’autant plus alarmant quand on sait que Statistiques Canada parle de près de 2 Canadiens sur 5 qui ont déclaré un certain niveau de détresse au cours des derniers mois. Sans être Nostradamus, on peut aussi s’attendre à ce que cette période de remise en question accélère aussi le phénomène de la grande démission et de la pénurie de main-d’œuvre.


Cependant, je tiens à préciser que si vous pleurez tous les jours, vous faites preuve d’agressivité envers vous ou les autres, si vous vous isolez, ou vous avez des pensées suicidaires, vous devez chercher de l’aide ou consultez un professionnel. Parlez-en à quelqu’un, la dépression est une maladie qui s’installe sur le long terme et elle ne passe pas toute seule.


Comment se sortir de l’état de déprime léger?

Pour atténuer ce sentiment de blues, la firme Morneau Sheppel suggère de bien se reposer avant de recommencer à travailler, de planifier ses prochaines vacances. On conseille aussi de ne pas surcharger son agenda au retour.


J’aimerais aborder les deux angles: celui de l’employé et celui de l’employeur. Car le bien-être au travail c’est d’abord un travail d’équipe entre ces deux groupes.


Pour les employés


Il n’y a rien de plus important quand on déprime que de retrouver une forme de contrôle sur ses émotions et sa vie. On peut trouver des astuces qui correspondent à notre personnalité. Quand vous le pouvez, augmentez vos pauses en temps ou en nombre lors de vos premières journées de travail et lâchez prise.


En coaching j’utilise les 5 dimensions de la personnalité de TRIMA pour aider mes coachés. C’est un outil québécois qui identifie les principes majoritaires de la personnalité selon trois structures, qui suis-je?, de quoi suis-je capable? et quel est mon désir d’impact ou leadership.


- Par exemple, une personne qui aime habituellement la logistique, la planification, et très peu le changement, trouvera du réconfort dans le fait de planifie ses pochaines vacances ou de faire un plan de travail pour la semaine. Optez pour la légèreté et incrustez des moments de repos dans votre agenda. Le sentiment de prévisibilité vous aidera à attendre que l’énergie vous revienne.


- Les créatifs, et les amoureux de liberté et du changement, qui entrevoient le retour comme une contrainte peuvent modifier leur perception d’enfermement en s’octroyant des moments de plaisirs volés (quelques heures suffisent). Profitez de ce sentiment de liberté pour faire une activité inédite. Marcher en forêt, pendre un café su une terrasse les pieds dans la neige, conduire vers une destination inconnue et revenir sur ses pas après un arrêt contemplation dans un nouvel endroit, prendre des photos de paysages ou d'architectures, écrire un texte ou une chanson, alors que vous devriez remplir un tableau excel, etc.


- Les actifs devraient multiplier les occasions d’activité physique peu intense. Par exemple, se donner un 10 à 20 minutes de marche, levée de poids, course à pied autour du bloc, après chaque séquence de 60 ou 120 minutes de travail avec concentration.


- Les sociaux, devraient s'accorder des moments d'auto-gratitude : À qui j'ai fait du bien ces dernières semaines? Que puis-je faire pour aider quelqu'un aujourd'hui ou demain? Qui pourrait m'aider ou m'écouter aujourd'hui, à qui je fais confiance? Invitez votre équipe à prendre les pauses cafés du matin, comme si vous étiez autour de la machine au bureau, en interdisant toutes zones de conflits dans les conversations. Celui qui parle de choses qui fâchent paie son amende en nommant trois de ses qualités.


- Pour ceux qui subissent la joie de l’école à la maison, vous pouvez aussi vous permettre de coucher vos enfants une demi-heure plus tôt un soir cette semaine (ils ont sûrement du sommeil à rattraper de toute façon) et profitez d’un bon livre dans un bain chaud avant de regarder votre série préférée. Mais n’étirez pas trop tardivement votre soirée et évitez l’alcool ou les drogues si vous désirez maximiser le retour d’énergie physique et psychologique.


En résumé, offrez-vous des moments de détente, d’activité sportive, ou de contemplation de la nature pour briser le cycle de la routine du retour et goûter à nouveau au bonheur du congé alors que votre cerveau lui est mode routine du travail. Tout est une question de perception. Utilisez votre avantage et trichez votre cerveau pour vous réapproprier un peu de pouvoir sur votre niveau d’énergie. Vous devez retenir que l’énergie psychologique ne se récupère pas par le repos physique ou le sommeil, mais surtout par le fait d’être actif autrement que par le travail. Alors, pas de télé, ni de réseaux sociaux pendant des heures. Faire les boutiques, faire le ménage de ses vieux livres, papiers d’impôts ou de ses vêtements, redécorer une pièce en bougeant les meubles de place, est nettement plus actif et sollicite les mêmes compétences d’organisation qu’au travail mais une satisfaction toute personnelle.


Pour les employeurs


Les gestes de contribution au bien-être sont importants. Tout d’abord, acceptez que la semaine du retour soit vouée à être un peu moins productive qu'en temps normal. Par conséquent, rassurez vos employés en les accompagnant avec empathie à travers les méandres de la déprime du retour. Quelques directives simples peuvent démontrer votre bienveillance :

  • Ne planifiez pas de rencontres nécessitant de la concentration ou annonçant des nouvelles insécurisantes dans les deux premières semaines de l’année;

  • Nommez vos attentes de bien-vivre ensemble. Encouragez les rencontres d’équipes sur des thèmes qui ne concernent pas directement la productivité immédiate. Vous redonnerez ainsi la place à l’énergie sociale qu’amène l’esprit d’équipe;

  • Parlez de vos objectifs positifs de l’année, ceux qui animent, encouragent, motivent et laissez les enjeux ou les aspects trop réalistes pour les semaines suivantes. Vous boosterez vos équipes en leur rappelant les raisons pour lesquelles ils vous ont choisi comme employeur et en quoi ils contribuent au bien commun;

  • Encouragez le rêve et la créativité,

  • Utilisez l’intelligence collective pour briser le cycle de l’isolement provoqué par la déprime individuelle;

  • Diffusez les coordonnées du programme d’aide aux employés pour inviter les plus fragiles à aller chercher du soutien.


Un clin d’œil aux gestionnaires


Les études démontrent que vous êtes les plus à-même d’être victimes de la pression de l’hybridation du travail et de l’adaptation de votre leadership aux contraintes de la pandémie. Alors, je vous partage une pépite de coach : vous n’avez pas la responsabilité du bonheur de vos collaborateurs et vous ne portez pas le poids de les sortir de leur blues du retour.

Cependant, vous avez l’obligation d’être à l’écoute et de demander à vos équipes de quoi ils ont besoin pour récupérer. Partagez votre propre ressenti en toute humilité et demandez vous quel serait le plus petit pas présentement que vous pouvez faire pour être satisfait de votre journée, de votre semaine ou de votre mois de janvier. Vous vous réapproprierez ainsi du pouvoir sur vos émotions en ramenant vos ambitions à des plus petits objectifs réalistes et réalisables. C’est une prescription qui est renouvelable!


Je concluerai en vous disant que la bienveillance et l’empathie sont de mise en ce début d’année. Soyez indulgent envers ceux qui possèdent moins d’énergie, donnez-leur de l’espace et du temps pour se réadapter à leur milieu de travail. Soyons patients et ouverts aux différences.

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